Conseil municipal du 7 février 2018: Rapport de la Chambre Régionale des Comptes sur la ville de Wasquehal- Intervention du groupe UPW n°3

Mesdames et messieurs les élus de la majorité,

Vous avez eu bien raison d’inviter largement nos concitoyens à se joindre à nous ce soir… Que chacun puisse se rendre compte de certaines réalités au-delà de la com. !

Je m’étonne en effet, auriez-vous eu une autre version du rapport de la chambre régionale des comptes que celle-ci ?

Je ne vois pas dans ce que j’ai lu ce qui vous réjouit à ce point ??

Certes, je ne vais pas user de mauvaise foi et je note en effet certains indicateurs de gestion en amélioration.

Ainsi quand on regarde rapidement, on peut avoir une impression positive.

Mais à quel prix !!! à quel prix …

C’est là que nos analyses divergent totalement !

Vous êtes apparemment obsédés par quelques indicateurs.

Mais pour nous, la gestion doit être au service de la politique, pas l’inverse.

Or, quand on met les choses en perspective, nous avons tout lieu d’être inquiets.

Je remercie au passage la CRC de son rapport, j’en serais presque à leur demander de revenir chaque année car, grâce à eux, nous avons enfin les informations que nous vous demandons vainement à longueur de conseils municipaux, en particulier sur la situation du personnel.

 

Mme le maire,

A plusieurs reprises lors de différents CM en 2017, vous m’avez fait des réponses sur le thème des RH comportant des allusions plutôt lourdes laissant entendre que j’aurais fait trainer le projet de Gestion Prévisionnelle des Emplois et des Compétences – autrement dit GPEC- c’est tout simplement honteux.

Il n’aura pas échappé à ceux qui ont suivi les faits que j’ai été en charge du projet GPEC au sein de votre majorité seulement pendant 4 ou 5 mois fin 2014. Si donc ce sont ces 4 ou 5 mois qui ont tellement handicapé l’avancement de ce projet qu’il n’ait toujours pas avancé au bout de 3 ans, vous devriez peut-être vous poser des questions ….

Est-ce pour cela que vous avez repris en charge directement la gestion des Ressources humaines de la ville ? est-ce que cette nouvelle répartition des délégations a permis de faire avancer les choses ?

 

Et bien mesdames et messieurs, ce que nous découvrons aujourd’hui à la lecture du rapport de la CRC est tout simplement ahurissant :

en fait, il n’y a PAS de projet GPEC à Wasquehal !

ni en 2014, ni en 2015 mais pas plus en 2016

Et rien ne semble indiquer qu’il ait démarré en 2017 ….

Le rapport nous dit : “il n’existe aujourd’hui sur cette question qu’un accord de principe quant à son intérêt pour la commune.”

Nous savons donc dorénavant, grâce à la CRC, que ces allusions dont vous avez abusé à mon propos, n’était en fait pour vous qu’un moyen de ne pas répondre aux questions posées sur la gestion des RH, et en particulier sur la GPEC dont vous avez pourtant abondamment parlé dans vos campagnes électorales.

Dans vos discours, la GPEC c’était le mot magique dont vous sembliez attendre qu’il allait apporter la réponse miraculeuse à votre besoin de faire des économies de charges de personnel, sans trop le dire pour ne pas effrayer…

Mais bien sûr, la GPEC, ce n’est pas cela !

C’est, comme le dit le rapport, un outil pour prendre des décisions éclairées en matière de ressources humaines par une analyse prospective des besoins …

Soulignons au passage que la GPEC pour une collectivité locale comme notre ville, ça ne peut pas marcher comme dans une entreprise privée,

notamment en raison de l’organisation particulière des services, en raison du statut de la fonction publique, en raison des règles du dialogue social.

Et ça ne peut marcher de la même manière car une municipalité n’est pas un service commercial, c’est un service public.

 

Ce qu’il faut souligner également, c’est qu’engager un processus de GPEC, c’est un travail de longue haleine, plusieurs années ; pour expliquer, former les personnes, définir les besoins, etc…

Et donc, plusieurs années, au moins 3 ans, voir 5 à 8 ans pour en voir des résultats significatifs. Bien souvent d’ailleurs, ces politiques commencent par coûter plus qu’elles ne permettent de faire de économies.

Mais, tout cela, c’est trop long pour vous et trop complexe, et en réalité sur le fond cet outil ne vous intéresse pas, vous ne faites qu’en parler pour jeter un bouillard sur votre politique RH.

Vous avez préféré d’autres méthodes, plus rapides, plus radicales, plus brutales aussi :

Vous avez coupé, supprimé tous les emplois qui pouvaient l’être, sans aucune réflexion prospective. Portant, Chacun peut comprendre que le non remplacement de TOUS les départs en retraite, c’est impossible ; déjà 1 sur 2, c’est compliqué.

D’ailleurs dans votre réponse au rapport, vous notez que vous veillez « aux recrutements et aux non remplacements de départs à la retraite », je n’ai pas tout compris à quoi vous veillez réellement !!!

Mais ces méthodes de rabotage ne marchent pas. Elles ont un effet à court terme ; c’est grâce à cela que vous avez baissé les effectifs.

Mais à long terme, cela ne marche pas, ce sont ces méthodes que nos gouvernements utilisent depuis plus de 20 ans au niveau de l’Etat et on voit les résultats.

En faisant cela, vous avez déséquilibré certains services, désorganisé d’autres.

Vous avez supprimé des emplois à temps partiel dans les écoles et les cantines. De ce fait, les services ne savaient plus comment remplacer les personnes en congés ou malades.

Comment alors s’étonner que des agents administratifs qui se retrouvent bombardés du jour au lendemain surveillants de cantine finissent par se lasser, par être complètement démotivés ?

Un autre exemple particulièrement grave de cette politique hasardeuse, c’est ce qui s’est passé à l’école Montessori.

Cette école bénéficiait d’un soutien particulier de la mairie afin d’assurer des places en classes maternelles pour des tout petits.

Votre décision de supprimer ce soutien de la mairie a retiré à cette école l’un de ses atouts majeurs qui attirait un certain nombre de parents, permettant ainsi de maintenir un niveau d’effectif correct dans l’école.

Cette école que vous avez complètement déséquilibrée est maintenant menacée de fermeture du fait de la diminution de ses effectifs.

Et vous savez très bien qu’une telle fermeture de l’école Montessori serait un drame pour le quartier du Haut Vinage.

 

Voilà ce qui arrive quand on va trop vite sans vision prospective …

 

La CRC elle-même vous a rappelé, je cite : « la nécessité de la mise en œuvre de la gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences. »

On ne peut pas être plus clair ;

Je ne comprends pas que vous n’ayez pas répondu à cette injonction dans votre note à la CRC ….